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Euro : Pour l’Italie et l’Espagne, c’est l’heure de la reconquête

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Reconquête ou rêve brisé? Inattendues à ce stade de la compétition, l’Italie et l’Espagne opposent leur fraîcheur et leur style de jeu décomplexé mardi (21h00) à Londres, convoitant la finale de l’Euro pour parachever leurs retrouvailles avec le firmament du football européen.

Il y a seulement quelques mois, on les disait meurtries par les désillusions, délaissées par les talents, suppléées par d’autres grandes nations telles la France, la Belgique et le Portugal.

Mais l’Italie et l’Espagne sont au plus haut quand les favoris initiaux sont à la maison, et l’Europe du football n’a pas fini de s’extasier devant l’enthousiasme affiché par ces cadors renaissants du ballon rond.

« L’Espagne ira chercher la finale rêvée contre l’adversaire de toujours: l’Italie », s’emballe le quotidien espagnol Marca, tandis que le Mundo Deportivo catalan rappelle que la Roja « n’a jamais perdu » en demi-finale.




« Forza España », lance encore As, avec une photo de Dani Olmo enveloppé dans un drapeau espagnol. « Forza Azzurri », lui répond la Gazzetta dello sport, avec une photo du sélectionneur italien Roberto Mancini grimé en torero.

Les clichés ont la vie dure mais sur le terrain, ils ont volé en éclats lors de cet Euro dispersé dans 11 pays.

La Nazionale, rajeunie, séduisante et offensive, a écoeuré la vieillissante défense belge en quart (2-1), quand l’Espagne, insouciante, a disposé du vice-champion du monde croate (5-3 a.p.) puis de la surprise suisse (1-1, 3-1 t.a.b.).

« Tikitalia »

C’est le « Tiki Taka » contre le « Tikitalia »! Le fameux jeu de possession espagnol et sa variante transalpine, joliment imaginée par la Gazzetta dello Sport dans son édito de lundi, réservent un cocktail alléchant pour les 60.000 spectateurs attendus dans les travées du stade mythique de Wembley, qui vibrera encore plus devant Angleterre-Danemark, l’autre demi-finale mercredi.




La possession de balle sera donc « une des grandes questions » de ce quart de finale. « On est parmi les meilleurs de l’Euro en termes de possession, mais les Italiens aussi peuvent faire usage du ballon. Ce sera la première bataille à gagner », a prévenu le sélectionneur espagnol, Luis Enrique.

Le « Tiki Taka », c’est « un football qu’ils ont inventé. Ils l’ont joué lors des 15, 20 dernières années et cela les a emmenés à des succès extraordinaires. Le nôtre est légèrement différent. On est Italiens, on ne peut devenir Espagnols d’un coup », balaye Mancini admiré en Italie pour avoir relevé une sélection non-qualifiée pour le Mondial-2018, jusqu’à lui permettre d’enchaîner 32 matches sans défaite, série en cours.

La Roja a aussi trouvé son « sorcier » en Luis Enrique, passé par tous les drames, dont le décès de sa fille Xana à neuf ans, avant d’emmener l’Espagne vers des sommets inatteignables depuis près d’une décennie, et le dernier sacre européen de la « Roja », à l’Euro-2012, contre… l’Italie (4-0).

Fans privés de voyage

La démonstration de Kiev, en 2012, a été effacée quatre ans plus tard en huitièmes de l’Euro (2-0), mais les acteurs de 2016 ne sont pas si nombreux en 2021, exceptés, bien sûr, l’inusable Sergio Busquets et l’impérissable charnière centrale italienne composée de Giorgio Chiellini et Leonardo Bonucci.




« Cela fait des années qu’on entend dire qu’ils sont les meilleurs. Leur force c’est qu’à chaque match ils veulent montrer que c’est le cas », a glissé Mancini au sujet de sa paire fétiche, déterminée à marquer de près son partenaire de la Juventus Turin, Alvaro Morata.

Mais les jeunes auront la part belle dans ce duel de renaissants: Nicolo Barella contre Pedri, Federico Chiesa face à Pau Torres, Marco Verratti devant Olmo… Et à un duel de gardiens d’avenir: Gianluigi Donnarumma et Unai Simon.

Si l’Espagne sera privée du Parisien Pablo Sarabia, blessé, l’Italie jouera pour Leonardo Spinazzola, l’un de ses hommes forts victime d’une rupture du tendon d’Achille.




Mais aussi pour une nation tout entière et ses supporters, privés, comme les Espagnols, d’un déplacement en Angleterre en raisons des restrictions sanitaires en place dans ce pays touché par le variant Delta. Seuls les Italiens et Espagnols résidant au Royaume-Uni ou en Irlande peuvent espérer un billet.

« Injuste », selon Mancini qui rêverait d’un hymne national repris en choeur par la moitié d’un stade.

Environ 11.000 supporters italiens et 9.000 espagnols devraient cependant prendre place en tribunes, a estimé la Fédération italienne mardi matin après une réunion de préparation du match avec l’UEFA.

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