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Avant-dernière étape avant l’arrivée sur le toit du continent. Dans quelles dispositions (physiques et mentales) la troupe à Belmadi abordera-t-elle cette autre difficile bataille intervenant juste après celle, très âpre, livrée à un onze ivoirien qui la poussera à puiser au plus profond de ses ressources avant de décrocher, au bout d’un suspense à déconseiller aux cardiaques, le droit d’animer un dernier carré certes ouvert sur toutes les probabilités? Une question liée directement au problème de la récupération et qui taraude les esprits de ses fans et à laquelle, on le souhaite et on leur fait confiance, le staff technique et médical, préparateur physique en tête, ont du bien se préparer malgré le facteur temps favorable à des Nigérians bénéficiant de 24 heures de repos supplémentaires et qui ont plié leur match dans le temps règlementaire.




Comment faut-il tempérer ses ardeurs ?
Avant ce choc Algérie- Nigeria, une véritable finale avant la lettre, et au-delà des grosses questions que se pose tout naturellement le public algérien sur l’état mental de ses favoris au sortir de cette énorme bataille livrée et gagnée au bout du bout, contre une des terreurs du continent, la Côte d’Ivoire pour ne pas la nommer qui les contraindra, avec les répercussions multiples qui s’imposent en la circonstance pour une équipe qu’attend un autre examen tout aussi compliqué, peut-être plus dur (des prolongations, voire une autre série de tirs au but en cas d’égalité parfaite entre deux sélections qui se connaissent sur le bout des doigts) devant des «Super Eagles» pratiquant ce qui se fait de mieux en Afrique en termes de qualité d’effectif et de réalisme, leurs résultats et un palmarès fabuleux plaidant pour eux.

Parmi ces questions, et outre les risques qu’encourent certains éléments clefs d’«El Khadra», sous la menace d’une suspension en cas de qualification pour la finale (trois au total, dont deux cœurs battants d’un entre jeu algérien ayant accompli des miracles depuis le début du tournoi en s’imposant comme des pions indispensables aussi bien dans l’échiquier de Belmadi que pour l’équilibre de l’équipe, en l’occurrence Guedioura et Bennacer, et le latéral gauche, Bensebaini qui a également tiré, à l’instar de tout le compartiment défensif bâti autour du non moins très rassurant M’Bolhi, son épingle du jeu) pour cumul de cartons jaunes, l’arbitre éthiopien, désigné pour officier la dernière sortie en «Quarts» n’ayant pas eu la main légère en sévissant à tout-va.




Un trio dans l’obligation de tempérer ses ardeurs dans le contact et la récupération de balle (difficile, par exemple, de limiter un Guedioura dans son rôle de poumon du milieu et connu pour son engagement physique) et quelques raisons de plus pour croire que cette superbe affiche qui met sur la route des «Verts» un monstre sacré connu de surcroît pour être une de leurs «bêtes noires», lorsqu’on sait que les nôtres ne l’ont plus battu en match officiel depuis voilà trois longues décennies et la CAN 1990 à Alger, date (un signe du destin ?) de l’unique titre majeur remporté par le football algérien à la recherche de la rédemption, les hasards voulant peut-être (on rêve, et c’est permis, car tout dans le parcours des camarades du malheureux Atal, absent pour une méchante blessure à la clavicule, milite en faveur d’un exploit inscrit à l’ordre de la logique avec des signes qui ne trompent pas) que la tendance est en voie d’être inversée avec une victoire dès ce dimanche devant définitivement ouvrir les portes d’un nouveau sacre.

D’une nouvelle ère. Changera bien des choses. La donne à tous les niveaux, les «Fennecs», désormais dans une bonne dynamique et à nouveau craints, ne s’interdisant plus aucune limite ou prétentions déjà clairement affichées par un coach sûr de ses moyens. En commençant par remettre à leur juste place les statisticiens et autres analystes à la petite semaine dérangés plus que jamais dans leur «science infuse» par de «petits» joueurs auxquels ils ne donnaient pas cher de leur peau. Même aucune chance de briller mais qui font, à notre grand bonheur, mentir (et comment !!!) les pronostics.




Les yeux dans les… yeux
Ce soir, en se présentant devant leur public qui les rassure et assure d’un soutien indéfectible, pour ne pas dire décisif (n’est-ce pas le très reconnaissant Feghouli qui les désignera de seul «héros» au sortir du harassant examen ivoirien, en les aidant, notamment, à la meilleure concentration possible lors de cette fatidique séance de tirs au but dont ils s’en sortiront avec succès), la révélation-Belamri, qui s’avère une des belles surprises et ses frères d’une sélection algérienne qui avance, comme le veut son entraîneur, sans se poser de questions et ses frères. En jouant comme elle sait le faire.




L’a bien fait depuis son entrée en lice devant le Kenya, puis l’intouchable Sénégal obligé d’aller refaire ses classes en attendant (c’est possible même si le Nigeria et la Tunisie, des adversaires d’un tout autre calibre, ne sont pas tombés de la dernière pluie) vendredi prochain et une sacrée der où il s’agira, tant pour les «Fennecs» (comme quoi l’optimisme est plus que de rigueur même s’il faudra ne pas se rater ce dimanche) que pour les «Lions de La Teranga» (belle manière, n’est-ce pas, de se projeter dans l’avenir immédiat et ce n’est pas prétentieux de notre part car on y croit) de (re)prendre un statut de N°1 africain que ces deux nations, aux potentiels énormes (un réservoir en talents toujours aussi riches qu’inépuisables en dépit d’une régression loin d’être féconde, dans le cas de l’Algérie alors que le Sénégal court depuis toujours, et sans succès, derrière une 1ère consécration) que le quatuor en or de cette 32e édition inscrit à ses priorités. Chacun avec ses moyens.




L’Algérie qu’attend, sur un air de finale, un sérieux client pour un autre choc tout aussi intense, en tête. Une Algérie ultra-dominatrice depuis le coup d’envoi et dans l’obligation, comme elle a su si bien le faire contre les «Eléphants», de rendre coup pour coup dans un match qu’on imagine, à l’avance, haletant et indécis. Où il faudra se montrer collectivement fort, le vis-à-vis, toujours au sommet et constellé d’individualités à ne plus présenter. Qu’il faudra regarder les yeux dans les yeux et sortir la performance attendue. En maintenant constamment (c’est possible après le marathon de Suez, de jeudi ?) le pied sur l’accélérateur.





Des «Super Eagles» aux multiples facettes

En ne craignant pas, sans se soucier de la qualité du spectacle, de mettre le feu à un match qui, s’il ressemblera à n’en pas douter à celui de la Côte d’Ivoire, ne lui donne pas le droit de se présenter en favori dans une opposition de styles où l’aspect physique devrait peser lourdement même si, jusque-là, Mahrez et consorts ont su allier le talent et la combativité pour aligner les bons coups.

En pratiquant, de l’avis des observateurs, le meilleur football, esthétisme et réalisme ayant fait (les statistiques le suggèrent) également bon ménage, les arguments meilleure attaque- meilleure défense constituant un motif de plus pour croire qu’ils sont capables de faire encore mieux pour s’offrir le sésame ouvrant les portes de la finale.




Quand, en cinq matches, on marque dix buts contre un seul d’encaissé, on peut croire que les «Verts» ont toujours les ressources, comme ils l’ont fait contre d’athlétiques sénégalais en «poules», d’aller chercher ces Nigérians aux multiples facettes et dont le point fort réside dans cet engagement physique de tous les instants.

Qui jouent, c’est important, bien au football. Une machine qui sait créer des occasions et bien défendre derrière avec une assise cohérente. Pour venir à bout des Ivoiriens, Ounas and Co ont du souquer dur, souffert plus que de raison. En attendant patiemment leur heure dans des conditions naturelles éprouvantes. Au prix d’une énorme débauche d’énergie.




En laissant énormément de forces sur le terrain. Pour dire les craintes justifiées du public et les questions tout aussi naturelles que nous nous posons : que faudrait-il faire pour recharger les accus en si peu temps et se présenter dans le meilleur état de forme possible? Et, surtout, à quel niveau se situe le remède? Le seul mental (une des forces du groupe) suffira-t-il à relancer la machine pour une équipe algérienne qui, s’appuyant sur des statistiques qui en disent long sur sa capacité à vite récupérer de ses émotions et des durs efforts laissés dans les batailles précédentes, a du caractère et de la personnalité, deux ingrédients de poids pour faire la différence ? Un autre gros match est annoncé de part et d’autre dans un duel de titans loin d’être joué à l’avance.




En espérant que Bounedjah, à nouveau psychologiquement remis d’aplomb, et ses camarades, aient repris assez de forces pour aller, après les «Lions» sénégalais et les «Eléphants» ivoiriens, réussir dans leur chasse aux «aigles» nigérians aussi «super» qu’on les présente. Il faut l’espérer car c’est possible. Une question de souffle au long court ? En attendant, c’est tout le pays, impatient de fêter ses héros, qui retient son souffle.

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