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Les saisons se suivent et se ressemblent pour les clubs algériens, dits professionnels. Encore une fois, ces derniers montrent toute leur incapacité à mener à bon port l’expérience professionnelle, et ce, après dix années de son entrée en vigueur.

La FAF vient d’ailleurs de mettre à nu, et pour la énième fois, un mode de gestion qui n’a jamais dépassé le stade de l’amateurisme de la quasi-totalité des dirigeants des deux premières ligues.




En effet, sur les 32 clubs qui constituent l’élite professionnelle, 23 sont endettés. Selon le plus récent bilan de la Chambre nationale de résolution des litiges (CNRL) de la FAF arrêté au 15 juin passé, la situation va en se dégradant.

Le rapport de la CNRL a débusqué 07 clubs de Ligue 1, soit 44 % et la totalité des seize clubs de Ligue 2. D’ores et déjà trois clubs trainant des dettes depuis la saison 2018-2019 ,d’un montant total de plus de 117 MDA , sont interdits de recrutement, prévoit la Commission des litiges. Au montant auquel vient se grever celui des dettes liées aux quatre autres, pour un cumul total de 223 MDA pendant que huit clubs se trouvent astreints à s’acquitter de 5,3 MDA de frais de procédures.

La situation ne diffère pas trop au niveau du deuxième palier. Pis, elle apparait beaucoup plus grave. Jugez-en : Sur les seize formations de L2, onze sont interdites de recrutement avec un montant de dettes de l’ordre de 340 MDA s’étalant sur une et/ou deux saisons et qui atteint globalement le chiffre astronomique de plus de 541 MDA, avec notamment, 72 MDA qui concernent d’anciennes dettes de deux ex-clubs professionnels.




La situation affecte jusqu’à la division- Amateurs puisque pas moins de dix ex-pensionnaires de L2 professionnelle se trouvent englués dans des dettes qui avoisinent les 239 MDA et dont 43 MDA sont inscrits à l’indicatif de deux clubs sur la saison 2018/2019 et un club sur deux saisons 2018/2019 et 2019/2020, note le rapport de la CNRL.

Enfin, la Commission consigne près de 48 MDA représentant les dettes des entraîneurs et dont 42 MDA, soit 87,5% concernent les techniciens affectés à la L2.
Cet état général suscite naturellement de légitimes questionnements autour de la prise en charge de ce volet sombre de la gestion du football, telle qu’ayant prévalu jusque-là.




Voilà qui conforte, on ne peut mieux, la position de l’actuel bureau fédéral de la FAF que préside Kheïreddine Zetchi, plus que jamais décidé à mettre un terme à un professionnalisme ‘’déguisé’’, et qui a été instauré dès le départ sur de fausses bases.

Il s’agit là d’ailleurs de l’une des raisons ayant conduit la FAF à envisager une suppression d’une division professionnelle pour n’en garder qu’une seule composée de 18 clubs, dans le cadre d’un nouveau système de compétition. Un projet que l’AG extraordinaire de la FAF a approuvé en septembre passé et qui devait entrer en vigueur dès la saison prochaine.




Néanmoins, la dernière circulaire du MJS interdisant aux différentes fédérations de procéder à un quelconque changement à quelques encablures de l’expiration de leur mandat olympique, a faussé les plans de Zetchi et ses assistants, contraints de reporter leur projet lié à la mise en place d’un nouveau système pyramidal de la compétition.

Les chiffres effarants de la CRL pourraient néanmoins servir d’un atout non négligeable pour Zetchi afin de convaincre la tutelle de réserver à son instance un traitement particulier pour enclencher rapidement les réformes envisagées sur un professionnalisme qui a démarré, il y a de cela dix ans, sur la précipitation.

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