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Il y a quelques mois, le président de la FAF, Kheïeddine Zetchi, criait sur tous les toits qu’il comptait désormais ne pas briguer un second mandat à la tête de la première instance footballistique du pays. Cette décision, il l’aurait prise en réaction aux multiples critiques dont il a fait l’objet et la pression énorme exercée sur ses épaules depuis qu’il a succédé à Mohamed Raouraoua en 2017.

Un comportement qu’il a assimilé à une sorte d’ingratitude, car même la coupe d’Afrique des nations que l’Algérie a remportée en 2019 n’a pas plaidé en sa faveur. Pis, tout le monde se rappelle du traitement qui lui a été réservé par les pouvoirs publics le jour du retour des Verts du Caire avec dans les bagages le deuxième trophée continental dans l’histoire du football algérien.




C’est dire que l’annonce par Zetchi de son désir de ne pas briguer un second mandat fut somme toute attendue, sachant qu’il avait failli jeter l’éponge après la précédente CAN même, n’était l’intervention de l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports, Abderraouf Bernaoui, qui l’avait convaincu à l’époque de revenir à de meilleurs sentiments. Mais voilà qu’à quelques mois de la fin de son premier mandat à la tête de la FAF, Kheireddine Zetchi essaie de s’ouvrir le chemin vers un second pour terminer les chantiers en cours, sans trop s’avancer.

« La priorité, c’est de continuer de gérer au mieux les affaires courantes du football national. Pour ce qui est de la présidence de la FAF, nous étudierons la question au moment opportun », a-t-il indiqué en conférence de presse tenue en marge de l’Assemblée générale ordinaire, il y a quelques semaines. Mais avant d’en arriver à candidater, il va falloir organiser avant la fin de l’année le vote des nouveaux statuts.




« Ce qui est sûr, c’est que nous ne pourrons pas tenir l’assemblée élective (AGE) avant la mise en conformité des statuts. J’espère donc que nous pourrons tenir cette AGEx avant la fin de l’année en cours, pour qu’au mois de mars 2021, nous puissions organiser l’AGE ».

Cependant, une reconduction de Zetchi pourraient être compliquée même si l’actuelle composante de l’Assemblée Générale a de nouveau voté comme un seul homme les bilans moraux et financiers de l’année écoulée.




Si il devait se présenter, Zetchi qui pourra évidemment se prévaloir du succès de la sélection nationale, aura un peu de mal à afficher des victoires concernant ses projets de quatre centres de préparations fédéraux, puisqu’en trois ans et demi un seul est en chantier et n’est toujours pas terminé.

Il s’agit de celui de Tlemcen dont le gros œuvre a été livré mais dont les finitions attendent. Concernant celui d’El Taref le terrain a été à peine défriché et les bureaux d’étude pas encore désignés mais surtout il n’y a pas d’argent pour les travaux, ce qui a poussé Zetchi a réclamer la restitution d’une subvention de 70 milliards de centimes que Raouraoua avait renvoyé au MJS du temps où l’argent coulait à flot.




En attendant d’être dans ses propres murs, la FAF a signé des conventions pour occuper des installations publiques comme à Khemis Meliana où elle a lancé une première académie en 2019 mais pour le reste ça traîne. A Sidi Bel Abbes il y’a eu un faux démarrage puisque de l’aveu du président de la Fédération, des travaux sont en cours pour refaire le centre de préparation concédé et ce n’est qu’après ça qu’une soixantaine de jeunes nés en 2006 et 2007 pourraient débuter leur formation.

Pour le reste la FAF qui a signé pour occuper un centre similaire à Biskra est en attente de la convention de jouissance pour lancer une éventuelle 3e académie. Enfin à Ain Sefra où elle est censée s’installer dans une annexe du lycée sportif de Draria, le site ne serait pas du tout opérationnel et demanderait un gros investissement.




L’argent ne coule plus à flot à la FAF
Bref, les choses semblent compliquées, d’autant plus que l’argent n’est pas au rendez-vous. Concernant le sponsoring, la FAF a aussi annoncé avoir reconduit son contrat avec Mobilis qui avait pris fin à la fin de l’année 2019 mais que le nouveau sera d’un montant bien inférieur au précédent, tout en confirmant que l’opérateur mobile doit encore payer une partie du contrat échu…

Malgré tous ces dossiers épineux, Zetchi devrait se porter candidat à sa succession, en dépit de pressions exercées par sa famille pour abandonner l’idée. Selon nos informations, si l’actuel patron de la FAF songe à un second mandat, c’est surtout sur insistance du sélectionneur national, Djamel Belmadi, qui ne serait pas prêt à poursuivre l’aventure sur le banc des Verts en cas de départ de Zetchi.




Le sélectionneur national n’a d’ailleurs raté aucune occasion pour faire les éloges des Zetchi. Pas plus tard que vendredi passé, il a sévèrement critiqué les détracteurs de la FAF, leur rappelant que cette dernière a été pour beaucoup dans la réussite de l’équipe nationale en mettant tous les moyens à sa disposition, tout en ne s’interférant jamais dans son travail. Il s’est dit même persuadé que s’il avait travaillé avec un autre président, il n’aurait certainement pas eu la même réussite, ni les mêmes moyens.

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