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On joue petit mais on parie gros dans nos compétitions. Un ballon fuyant, des acteurs au niveau discutable et l’argent qui coule à flots mais pas dans le sens voulu. Si les matches ne se gagnent pas au muscle et à l’intimidation (nos stades faisant plus que jamais peur et riment avec violence), l’astuce toute trouvée, le dribble de trop, souvent imparable, reste indubitablement le chéquier.

Et c’est à qui paie le mieux et le plus pour décider du sort de nos si minables, interminables parties de pousse- ballon où tout le monde semble apparemment trouver son compte. Soigner son compte en banque.

Une pratique au retentissement international (des médias de poids s’y intéressent) et une image sensiblement écornée. Quel est le remède et comment éradiquer ce mal qui gangrène le sport-roi chez nous ? Depuis le temps qu’on se penche sur un drôle phénomène et l’impression toujours aussi vive que l’on manque de solutions et vogue la galère.

Messieurs les présidents de club, une bonne nouvelle nous arrive de l’autre côté de la Méditerranée. Elle a pour canal la bible du football hexagonal, «France Football» qui trône allègrement depuis des décennies au sommet de la presse sportive au pays des nouveaux champions du monde après leur retentissant sacre de juillet dernier en Russie où ils monteront sur la plus haute marche du podium de la non moins plus prestigieuse des compétitions du jeu à onze universel avec la «Champions league» européenne et ce chapiteau de rêve qui voit les plus grandes stars nous faire rêver à l’occasion de soirées somptueuses.

Bonne nouvelle donc et (il faudra revoir ce concept dans le sujet qui nous concerne et ou nous intéresse au plus haut point) ce «scoop».

Qui tourne au secret de polichinelle car les déballages ne manquent pas lors de fins de saisons copies conformes aux précédentes, l’argent sale décrochant la super vedette au détriment de performances et sacres douteux et rarement aussi discutables.

Des infos encore une fois (sûrement pas la dernière, des langues restant prêtes à se délier pour un lavage de linge sale dépassant les frontières) décrochées auprès d’un anonyme qui livre au public une véritable «mercuriale» fixant les prix des matches combinés. On ne joue plus (on le savait déjà) depuis longtemps dans nos chères (surtout pour les sommes colossales circulant dans un marché à ciel ouvert que tout le monde – et pratiquement tout le monde- est impliqué jusqu’au coup- fait mine de ne pas voir, ne veut pas voir et détourne le regard) compétitions qui veulent que les meilleures ou les lauréats, les derniers de la classe ou les recalés, sortent des manches de ces fameux prestidigitateurs récompensant les «bons» payeurs.

Qui mettent le paquet. Et donc cette nouvelle race de dirigeants, les mauvais perdants, gérant ce qui s’apparente à des supérettes des plus rentables en usant du porte-monnaie avec l’argent du contribuable, les fameuses subventions allouées généreusement par les collectivités locales et les entreprises publiques (rarement donc l’argent du privé et d’un mécénat passé de mode) ne regardant pas sur les dépenses quand il s’agit de football (ça aide, entre autres à calmer cette rue si bouillonnante et toujours prête à en découdre avec tout le monde) et encore moins sur la destination, pourvu que les résultats (on s’arrange comme on peut quand arrive l’angoissante sanction de baisser de rideaux défiant toute logique et rythmés par la seule volonté de coulisses faisant référence en la matière) suivent. Quitte à bafouer l’éthique.

Après donc les «vérités» ou les révélations de la pourtant très sérieuse BBC (la main de l’étranger encore une fois…) qui y est allée de sa contribution avec des révélations n’émouvant plus personne dans nos murs, et les quelques réactions ne dépassant pas le stade de la dénonciation, en rappelant (c’est les officiels qui nous le signifient et l’assurent en promettant des commissions d’enquêtes aboutissant rarement et vite renvoyées aux tiroirs une fois les ardeurs refroidies, généralement plus tôt qu’espéré) qu’en Algérie la pratique est en «contradiction avec nos valeurs et traditions», tout en reconnaissant, à demi-mot, sans vraiment se mouiller, que des «dérives» existent bel et bien et que les pouvoirs publics (des promesses jamais tenues et des actions étouffées dans l’œuf) réagiront avec fermeté lorsque (bien sûr, argument imparable) les preuves existent (qui n’existent pas soit dit en passant, car impossibles à réunir), voici le tour d’un monstre sacré de la presse sportive mondiale qui descend à son tour sur le terrain et en remet une sacrée couche avec, à l’occasion, les révélations «fracassantes» d’un ancien (mais toujours très actif sur la scène ?) intermédiaire qui, du haut de ses 15 années d’expérience et de précieux, «loyaux» services rendus à ces «consommateurs» d’un nouveau genre animant cette bourse où tout le monde vend et achète, tout le monde se vend et s’achète (du pareil au même ?), crie au scandale et montre patte blanche et lave plus blanc que blanc, donnent à nos compétitions, frappées depuis déjà assez longtemps de suspicion, une dose supplémentaire de confusion rarement égalée, les couronnes comme les bonnets d’âne valant leur pesant.

Se monnaient chèrement comme le montre d’ailleurs, chiffres à l’appui (à vous donner le tournis et laissent pantois) cette dernière sortie médiatique d’un canard connu pour ne pas vendre du vent. Une sortie qui enfonce un plus le clou dans un corps malade, (re)dire que le football national, en situation de pourrissement avancé, n’est pas prêt de sortir de la salle de réanimation, la corruption la rongeant gravement. Sans rémission. «France Football» a décidé, à son tour, de fourrer son nez dans un milieu à la limite du mafieux et en passe d’emporter avec lui les ultimes espoirs (sur le plan des résultats techniques la tendance n’est plus à l’optimisme, Equipe nationale comme équipes de clubs versés en compétitions africaines et régionales n’arrivent plus à redorer un blason singulièrement terni et héritent désormais des rôles de seconds couteaux malgré l’afflux de binationaux et autres talents venus des quatre coins du continent dès lors que l’on a définitivement fait le deuil de la formation à la base) de (re)voir ce cuir insaisissable rebondir à nouveau dans le bon sens.

 

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