L’AG Extraordinaire de la LNF (re) signe un chèque en blanc à au président Kerbadj

Un conclave pour rien. Digne d’une pièce de théâtre au piètre scénario. Venus pour régler leurs comptes avec le président démissionnaire, Kerbadj, est sorti en grand vainqueur. Un film de série «C» où il jouera le rôle de super vedette. Triste spectacle que celui donné par des responsables de clubs dont la seule ambition s’arrête à leurs seuls et uniques intérêts.

Quel rôle pour le N°1 de la FAF, Zetchi, et que vient-il faire dans une réunion qui tournera finalement à la mascarade ? En petit tribunal qui confortera le boss de la LNF, Kerbadj, tout en se donnant les moyens de lancer des flèches au nouveau propriétaire du très prisé fauteuil de Dely Brahim indirectement invité à reconnaître son incapacité à diriger et donc à… partir.

En guise de procès, on ne pouvait imaginer «mieux», et c’est sans surprise que Kerbadj, y échappera (si tant est l’objet de cette réunion le concernait directement) prendra, comme il le dira, «une décision d’homme», en accédant au vœu de l’auguste assemblée .En revenant tout bonnement sur sa décision pourtant «irrévocable» de passer la main et de quitter ses fonctions, laissant ainsi la place à «plus compétent» (c’est ses propos) de relancer la Ligue et mettre ainsi un terme au pourrissement.

Un Kerbadj que personne n’imaginait en mesure de passer le témoin, confirmant ainsi les pronostics de départ. C’est-à-dire que l’on devait repartir avec le même personnel dirigeant jusqu’en 2019, lui qui, fort du renouvellement de confiance de ses pairs, ira au terme de son mandat. Résultat des courses, c’est avec les mêmes acteurs, les mêmes travers, une guerre terrible d’intérêts, et pour deux autres saisons encore, que l’on va devoir composer. Avec, sûrement d’autres scandales et levées de boucliers.

Et va, et c’est les présidents de clubs qui viennent de le décider après, pourtant, une vague sans précédent de contestations et des sommets rarement égalés dans l’art des retournements de vestes qui en disent long sur les mentalités en cours et la personnalité des dirigeants actuels du ballon rond national pour la majorité à l’origine des dépassements constatés et, au demeurant, en tête de file des responsables de la lente et inexorable descente aux enfers du sport-roi national, la faiblesse inouïe des compétitions et les guéguerres incessantes opposant les opportunistes de tout bord infestant des lieux devenus infréquentables, pour de nouveaux échecs cinglants.

Mahfoud Kerbadj, ne bougera pas. Ainsi en a décidé l’AG extraordinaire (pour ne pas ire exceptionnelle vue la tournure prise par les événements et le chèque en blanc signé à l’intéressé) qui «aplanit» ses différends et se quitte sur la satisfaction de repartir avec le sentiment du devoir « accompli» mais en tapant à côté de l’essentiel. Après avoir donné l’impression de s’en tenir à la promesse sans cesse renouvelée de rendre le tablier et sur insistance (on pouvait s’y attendre et on y arrivera selon un scénario bien huilée et un partage des rôles à rendre jaloux bien de nos comédiens et acteurs confirmés d’un cinéma algérien prié de s’en inspirer pour espérer sortir de son marasme), l’ex-président du CR Belouizdad, accusant le coup d’un soutien indéfectible porté par le très remuant Meddouar et porte-parole de l’ASO / Chlef de son état, promettra de bien «y réfléchir» avant de sauter le pas et confirmer qu’il ne pouvait décemment pas procéder à contre-courant de la volonté de son AG qui le suppliera de garder les rênes non sans mettre de côté les critiques que nombre de ses membres, d’une activité débordante sur le plan médiatique et passés maîtres dans l’art de chauffer le «bendir» et d’attiser les divisions en usant d’un discours (la dernière réunion tenue par des clubs de l’Est du pays étant le meilleur exemple) régionaliste.

De propos indignes de responsables sportifs. Une majorité des plus actives qui, et dans un fracas qui dépassera de loin le cadre champêtre du CTN de Sidi Moussa, théâtre de cette nouvelle mascarade, et à mains levées, en public s’il vous-plaît (des chaînes privées ayant eu le flair de retransmettre l’événement en direct) franchira un nouveau seuil dans l’art inégalé du reniement, contraindra Kerbadj, qui n’oubliera de remercier le MJS pour son soutien (lire qu’on lui a demandé de rester et c’est ce qui se produira sous les yeux d’une opinion qui n’en revient pas et sort conforté par la déliquescence ambiante en l’absence de compétences et de personnalités en mesure de sauver ce qui reste à sauver, sauf qu’ils ne sont plus aussi nombreux à y croire à voir le niveau d’ensemble affiché par la salle transformée à l’occasion en séance de courbettes quasi-généralisées) de s’avouer vaincu devant tant d’insistance, après une parfaite distribution des rôles. Que retenir alors de la décision de cette AGE vraiment à part sinon que le football algérien n’est pas sorti de l’auberge. Et qu’il faut s’attendre à d’autres échecs autrement plus retentissants à voir et revoir les images offertes ou à réécouter les interventions des uns et des autres qui nous asséneront une autre leçon magistrale dans la dérobade et des «suspenses électoraux à la mode de chez nous.»

D’ici les prochaines journées de championnat (cette fin de saison, peut-être plus que d’autres, est en train de battre de tristes records dans tous les domaines, sans parler des dangers qu’elle porte), il se sera écoulé beaucoup d’encre et de salive sur la justesse de la décision prise par les présidents de clubs de se mettre carrément à genoux pour déclamer leur amour au N°1 de la LNF qui ne se fera pas prier de leur répondre favorablement, après un tout petit moment de réflexion. De continuer, malgré ses «gros soucis de santé, la forte et insoutenable pression familiale et les nombreuses charges professionnelles» l’aventure avec eux. Pour quelle destination ? Beaucoup craignent le pire. On y reviendra.
A. A.

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